La culpabilité

Depuis que je suis maman j’ai (trop) souvent ressenti ce sentiment de culpabilité. À bien y réfléchir, je l’ai ressenti dès le début de ma grossesse. Nous voulions tellement devenir parents mon compagnon et moi et nous étions prêts à aimer plus que tout ce petit bébé ! J’étais heureuse mais, je m’en voulais un peu je crois d’avoir été enceinte à ce moment là de ma vie professionnelle. Ou plutôt, on m’en a voulu. Vous voyez le genre ? C’est comme s’il n’y avait jamais de bon moment dans une entreprise pour avoir un bébé. (Si vous avez lu mon précédent billet, vous connaissez alors mon point de vue sur la difficulté de combiner travail et vie familiale). Avec la pression et les heures supplémentaires, ma santé a commencé à en pâtir. J’ai réussi à me recentrer sur ma grossesse grâce à une très bonne amie et j’ai ouvert les yeux. Après tout, pourquoi aurais-je dû culpabiliser de porter la vie ? Je me suis posée mille et une questions à ce moment là de ma vie, mais je venais de faire un choix. Le choix de me consacrer à mon enfant, à sa santé ainsi qu’à la mienne. J’ai dû travailler sur moi-même et la culpabilité ne s’est pas envolée du jour au lendemain, mais au fil des semaines et des mois j’ai appris à aimer ce petit être qui grandissait en moi. Le jour de sa naissance, ce fût comme une évidence. Rien ne serait plus important et plus précieux à mes yeux que mon fils .

Dans les mois qui ont suivi la naissance de petit G, j’ai à nouveau été confrontée à ce sentiment de culpabilité. Au retour de la maternité, je l’ai tout de suite mis à dormir dans sa chambre. Et puis finalement je ne l’ai pas supporté. Il a donc dormi dans notre chambre pendant 6 mois. Oui, 6 mois ! Chaque mois, je repoussais le moment fatidique où il allait dormir seul. Quand on me demandait si mon fils dormait dans sa chambre et que je répondais « uniquement la journée pour ses siestes« , je sentais sur moi un regard pesant et la culpabilité refaisait surface. Mais j’ai assumé mon choix, convaincue qu’il était le meilleur pour toute la famille. Je n’ai par la suite jamais eu de problèmes pour le faire dormir seul dans sa chambre ! (Toute cette culpabilité que l’on s’inflige pour rien quand même !)

Avec papa

Est ensuite venu le moment où j’ai décidé d’arrêter l’allaitement, (entre ses 3 et 4 mois). J’étais fière d’avoir réussi à allaiter, mon 1er mois ayant été un peu compliqué (un bébé né 1 mois avant terme et qui avait du mal a téter). Jamais je n’aurais pensé pouvoir créer un lien aussi fort en allaitant. Mais la reprise du travail et l’envie (aussi) de retrouver mon corps, ont fait que j’ai pris la décision d’arrêter. Et bien, figurez-vous que cela ne fût pas si facile. Je culpabilisais de stopper ce lien si fort entre petit G et moi, j’avais l’impression de le trahir, de ne plus lui apporter « le meilleur ». Et pourtant, il a fallu arrêter, petit à petit, en gardant la tétée du soir au début, juste pour lui et moi, puis en la supprimant totalement. Finalement, j’ai réappris à m’occuper de moi, de mon corps, et surtout, j’ai appris à ne plus culpabiliser par rapport à ça. Mon bébé était en pleine santé et heureux. C’était le principal !

lanterne

Aujourd’hui la culpabilité fait toujours partie de ma vie, mais elle se fait plus discrète. Elle arrive le matin pour me rappeler que non, ce soir je n’irai pas chercher petit G à la crèche. Ou bien elle s’immisce le soir lorsque je lui donne un gâteau alors qu’il me le réclame et que je ne devrais pas céder. Je culpabilise beaucoup de ne pas passer plus de temps avec mon fils, de ne pas lui donner son bain ou encore de ne pas lui préparer des repas fait-maison tous les soirs. On se demande toujours si on fait bien les choses, si on ne devrait pas faire autrement.

Être maman est un challenge quotidien, aussi difficile que réjouissant. Aucune mère n’est parfaite, et heureusement ! Sinon imaginez la pression qu’auraient nos pauvres enfants avec des parents parfaits ! Je crois qu’il ne faut pas être trop dur envers soi même. L’important est d’écouter son ressenti de maman ainsi que ses envies. Un enfant heureux c’est avant tout, un parent heureux !

Alors promis, j’arrête de culpabiliser !

Chloé

 

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14 commentaires sur “La culpabilité

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  1. Que ton article me touche… Ma fille à trois maintenant et j’ai l’impression que tu es en train de parler de ce que j’ai vécu à sa naissance!! Surtout au niveau du boulot et de ce que les « bien pensants » te disent « il vaut mieux pas faire ci ou tu ne devrait pas faire ça »!!! qu’est ce que ça a pu me donner comme noeuds dans ma petite cervelle… Et puis un jour ma sage femme m’a donné le meilleur conseil, elle m’a dit : « tu fera bien et tu feras mal mais surtout, écoutes toi (et ton compagnon) et fais ce qui te semble être le mieux! ». Voilà ce que l’on fait, de notre mieux, en fonction de nos convictions et de nos envie dans la vie! se défaire de la culpabilité est tellement important même si ce n’est pas toujours facile!!
    Merci pour ton article !
    Belle journée

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    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Effectivement on se pose beaucoup de questions dès la naissance de nos enfants et je pense qu’ on est pas assez préparé à ce changement de vie, d’où une certaine culpabilité pour tout et son contraire. Ta sage-femme à eu raison. On fait tous des erreurs et on apprend de celles-ci 🙂

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  2. Hello ma Chloé! comme je me retrouve dans ton article. .. ma fille a deux mois maintenant et je culpabilise car je n’ai jamais vraiment réussi à l’allaiter. .. merci la césarienne! du coup je me pose mille questions : nos liens seront – ils aussi forts que ceux qui unissent les autres bébés et leurs mamans? est ce qu’elle sera en bonne santé malgré tout? aurais – je dû persévérer dans la phase d’allaitement au risque de lui faire perdre du poids? dur dur d’être maman… je t’embrasse ainsi que petit G.

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    1. Coucou jolie Tiphanie. Ton commentaire me touche beaucoup ! Je pense qu’il est tout à fait normal que tu te poses toutes ces questions en tant que jeune maman. L’allaitement est vraiment quelque chose de compliqué et je ne pensais pas que ça serait aussi dur avant d’y être confrontée. Petit G a perdu beaucoup de poids le premier mois et plus d’une fois j’ai cru abandonner. Chaque grossesse et chaque enfant est différent et tu auras peut être la chance de pouvoir allaiter pour un 2ème bébé 🙂 Je suis sûre que vos liens seront très forts avec ta fille ! Cela n’a rien à voir avec l’allaitement et tu verras qu’au fil des mois tu vas l’aimer encore plus. Tu peux être fière de toi, je sais que les premiers mois sont difficiles alors ne te reproches rien. Bisous à toi et ta petite puce.

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    2. Tiphanie, je suis tombee sur ton commentaire et ca m’a rappele moi il y a 9-10 mois (sorry, je ne peux pas utiliser d’accents…). Pendant ma grossese j’ai decide d’allaiter mon fils parce que je pensais que c’etait la meilleure chose pour lui et pour notre lien a tous les 2. L’accouchement s’est bien passe mais l’allaitement un cauchemar… Il a perdu trop de poids la 1ere semaine, il pleurait non-stop et je me suis sentie nulle comme maman, coupable de ne pas lui apporter ce dont il avait besoin. Mes proches et mon compagnon m’ont « convaincue » de laisser tomber l’allaitement. Des son premier biberon, tout etait regle. Et la je me suis sentie coupable de ne pas avoir perseverer l’allaitement un peu plus. Quand les gens me demandaient si j’allaitais, j’avais l’impression qu’ils me jugeaient et je sentais le besoin de me justifier. Je peux dire que les 2 premiers mois ont ete dur a cause de ca. Aujourd’hui, mon fils a 10 mois. Il est en parfaite sante et c’est le petit bebe a sa maman ( c’est son papa qui le dit en plus!). Ca se voit rien que quand il me regarde… Tu as porte ta fille pendant 9 mois, lui a donne la vie et s’occupe d’elle jours et nuits. Allaitement ou pas Allaitement, le lien entre vous 2 sera toujours la. Tu seras toujours sa maman. Avec le recul, je ne regrette absolument pas d’avoir choisi le biberon. Je regrette d’avoir culpabilise par contre, L’allaitement c’etait juste pas pour nous. D’ailleurs, si mon petit T a un petit frere ou une petite soeur un jour, ca sera biberon. L’avantage du biberon qu’on a tendance a oublier: le papa de mon pepere a ete super heureux de pouvoir participer! Je trouve qu’il y a bcp trop de pression pour que les mamans allaitent. Bien sur l’allaitement c’est top pour celles qui peuvent. Au final, chaque maman devrait faire ce qu’elle veut sans etre jugee. Seule une maman sait ce dont son bebe a besoin!

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  3. Très joli article dans lequel je me retrouve beaucoup ! Je suis tout à fait d’accord avec toi des l’instant où nous devenons maman nous passons notre temps à culpabiliser de tout et surtout… De rien ! Tu as tout à fait raison le mieux c’est d’arriver à relativiser un maximum, plus facile à dire qu’à faire… Mais l’essentiel c’est d’essayer ! Gros bisous

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    1. Merci ma Laurette Flechette 🙂 et oui pas facile de relativiser mais je crois qu’on a pas le choix si on ne veut pas trop se pourrir la vie (et celle de nos enfants). On a une telle responsabilité envers eux que forcément, on veut le meilleur pour nos pitchouns. Gros bisous à toi !

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    1. Merci pour ton commentaire Maman M. Et oui être maman est un challenge quotidien mais l’important est d’être en accord avec soi-même et de faire selon son ressenti 😊 Belle journée à toi !

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  4. Est-ce que la culpabilité nous quitte vraiment un jour ? Je ne suis pas sûre… mais avec le temps, elle a au moins l’avantage de nous construire et de nous édifier, tant qu’elle est abordée positivement.
    Une chose est certaine, et je n’arrête pas de me le répéter : c’est nous la maman, nous et rien que nous. On a su le porter pendant neuf mois, voire un peu moins (et ce n’est pas chose aisée, il ne suffit pas d’avoir un ventre rond), et nous savons très bien nous en occuper également. Notre enfant est heureux, il se sent aimée ? Alors, qu’importe tout ce que nous pouvons entendre, nous savons déjà bien faire !

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    1. Je crois en effet que la culpabilité ne nous quitte plus jamais lorsque l’on devient parent. Mais il faut savoir l’apprivoiser et vivre avec ! Et comme tu le dis, ce sont NOUS les mamans et donc il n’y a que nous pour ressentir les choses et savoir prendre les meilleurs décisions concernant nos enfants!

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  5. Est-ce que la culpabilité nous quitte vraiment un jour ? Je ne suis pas sûre… mais avec le temps, elle a au moins l’avantage de nous construire et de nous édifier, tant qu’elle est abordée positivement.
    Une chose est certaine, et je n’arrête pas de me le répéter : c’est nous la maman, nous et rien que nous. On a su le porter pendant neuf mois, voire un peu moins (et ce n’est pas chose aisée, il ne suffit pas d’avoir un ventre rond), et nous savons très bien nous en occuper également. Notre enfant est heureux, il se sent aimée ? Alors, qu’importe tout ce que nous pouvons entendre, nous savons déjà bien faire !

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