Grossesse, qui es-tu ?

Aujourd’hui j’ai de nouveau très envie de vous parler de la grossesse. Ce moment si particulier dans la vie d’une femme. Neuf mois. Presque une année à attendre un nouvel être dans notre vie, à patienter, s’impatienter, à douter, s’émerveiller. Neuf mois, une période très courte et si longue à la fois, avec ce sentiment que tout passe trop vite et pourtant avec l’envie quotidienne d’arriver au bout rapidement.

Mais avant le grand jour, il nous faudra marcher, parfois accompagnées, souvent seules, sur un chemin tantôt agréable, tantôt chaotique. Car oui, la grossesse est une aventure à part entière, un morceau de vie intense avant de pouvoir la donner à son tour.

Les maux de grossesse sont bien connus, en règle générale : les nausées, la fatigue, les changements d’humeur, les insomnies, etc. Mais ce n’est pas de ces maux dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Non. J’aimerais aborder avec vous l’aspect plus psychologique de la grossesse. J’imagine cette période comme un moment où les portes de notre inconscient s’ouvrent, pour se refermer très vite après la naissance. Bien sûr cela concerne les femmes à des degrés différents. Je m’explique : la grossesse est une période de fragilité, quoiqu’on en dise. Et derrière chaque porte se trouve un sujet, un thème, joyeux ou triste, douloureux ou apaisant, un sujet que l’on aura envie de traiter ou pas. Il peut s’agir de son enfance, de ses propres parents, de son couple, de ses failles les plus profondes. Je vois bien que cette période de neuf mois suscite en moi de nombreux questionnements, mais aussi chez les autres (futures) mamans, qu’elles attendent leur premier, 2ème, 3ème ou plus, enfant. A chaque étape ses questions, à chaque femme son vécu et son ressenti. Et je le dis que toutes ces questions sont normales et que c’est même plutôt sain.

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Pour ne rien vous cacher, je sens que je suis beaucoup plus à fleur de peau pour cette 2ème grossesse. Pourquoi ? Je ne sais pas, c’est ainsi. Peut-être parce que la fatigue est plus présente, que j’ai déjà un petit bout dont je dois m’occuper et peut-être aussi parce que cette fois-ci, je ne travaille pas et que donc j’ai le temps de penser à ma grossesse et à tout ce que cela implique. Mais j’imagine que même en travaillant, mes pensées auraient tout autant fusé dans mon cerveau. Je suis donc très (trop ?) sensible en ce moment, facilement irritable, avec le sentiment parfois d’être incomprise dans mes ressentis par mes proches, par mon conjoint. Et c’est comme si mes plus petits défauts devenaient finalement bien plus gros dans ma vie, jusqu’à prendre toute la place. De nature plutôt organisée sans être enceinte, j’en deviens presque maniaque à présent. Je ressens un besoin constant de tout contrôler, comme si cela allait m’aider à préparer au mieux l’arrivée de notre deuxième bébé. Et j’en oublie parfois peut-être de vivre tout simplement, des moments clés de ma grossesse et de ma vie de famille. Alors qu’en réalité, et si je réfléchis 2 secondes, je sais que ce bébé m’aidera de lui même à être la maman dont il a besoin.

Oui mais voilà, comme je vous le disais au début de ce billet, neuf mois c’est long ! Et les interrogations, doutes et autres réactions hormonales (les fameuses, encore elles !) peuvent surgir à tout moment. Mais les choses sont bien faites et le temps fait bien les choses. En effet, il nous faut du temps pour accepter un certain nombre d’éléments. Devenir mère est un enchainement de deuils successifs. Pour les primipares, il faut d’abord faire le deuil de son propre rôle en tant que fille de ses parents pour pouvoir intégrer son nouveau rôle et statut de maman. Devenir mère c’est aussi accepter que ses propres parents deviennent des grands-parents et que la vie passe. C’est aussi la fin du couple à deux, même si bien sûr on peut préserver son couple après la naissance d’un enfant, mais qu’on se le dise bien, rien ne sera plus jamais comme avant. Et pourtant chacun trouvera son équilibre. Devenir mère c’est également avoir constamment une nouvelle petite personne dans ses pensées, alors qu’auparavant nous n’avions que notre propre personne à penser. Tout est relatif bien sûr, je ne dis pas qu’avant d’avoir un enfant nous sommes toutes des égoïstes égocentriques mais il faudra dorénavant penser pour deux pendant un bon moment. Lorsque l’on s’apprête à donner la vie une deuxième fois, il faut alors faire le deuil de la vie à 3, le deuil de ce premier enfant si parfait, si beau, si drôle, qui devra faire de la place à son frère ou à sa sœur. Il faudra trouver un nouvel équilibre familial et comme j’en parlais dans mon dernier billet, donner sa place à chacun et redistribuer les cartes dans la famille. La plupart du temps tout se fait naturellement bien sûr et chaque famille, chaque couple, prend le temps qu’il lui faut pour assumer ses nouvelles responsabilités.

La grossesse nous laisse aussi le temps d’explorer (ou pas !) les sujets que j’évoquais plus haut. Prenons comme exemple nos propres parents et notre enfance. Même si nous sommes des êtres uniques au monde, nous avons forcément été imprégnés par l’éducation que nous avons reçu, les caractères de nos parents, et leurs angoisses nous ont souvent été transmises avec le reste. On se demande alors quelle mère on voudra devenir, quels sont les principes inculqués pendant notre enfance que l’on souhaitera garder ou bien jeter. Les questions que l’on se pose pendant la grossesse ne résonnent-elles pas avec les interrogations de notre propre mère ?  

Nous pourrions évoquer encore longtemps de nombreux sujets mais je m’arrêterai là.

En attendant d’agrandir la famille, je vais tenter de profiter au maximum de cette deuxième grossesse mais aussi de mon petit garçon de 2 ans et de ma famille telle qu’elle est composée à ce jour, sans trop réfléchir et sans trop culpabiliser.

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**Belle fin de semaine à vous**

 

 

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8 commentaires sur “Grossesse, qui es-tu ?

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  1. Je crois que ce qui a été le plus difficile à vivre en tant que maman pour ma part a été l’une des choses dont tu parles dans ton texte: accepter que la vie passe. Les premiers mois en tant que nouvelle maman, je voyais mon bébé comme ma succession. Je passais de la dernière à l’avant dernière et cela me terrifiait. Il y avait dorénavant une vie bien plus jeune que moi, une vie qui me survivrait. Jour après jour, je le voyais me pousser vers la sortie. Ce fut sincerement déroutant et cela me fit peur. A ce jour tout est rentré dans l’ordre, la vie suit à nouveau son cours mais quel chamboulement !
    Après je me dis que ton article peut aussi etre considéré dans ce contexte de jeune maman justement. Je me suis davantage posé toutes ces questions une fois mon bebe né que durant ma (mes) grossesse(s). Mais je me retrouve bien dans le fait de s’identifier à sa mère, et de faire alors un constat de son enfance. En revanche je vis cela actuellement alors que mon bébé a déjà 2 ans !

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    1. Oh que oui cela peut être déroutant de voir ce petit être qui nous succède et de prendre conscience que la vie suit son cours. Et puis, tout rentre dans l’ordre !
      Je pense que chaque femme peut ressentir ces émotions dont je parle à différents stades : pendant la grossesse, après la naissance de bébé et même bien plus tard, comme 2 ans après. Je comprends parfaitement la « comparaison » avec sa propre mère aux alentours des 2 ans de l’enfant puisqu’il s’agit parfois (souvent ?) d’une période un peu compliquée avec les enfants (opposition, besoin d’autonomie, etc.) pendant laquelle nous devons nous affirmer en tant que parents, et forcément, l’image de nos propres parents ressurgit !
      Merci à toi de me lire et à très vite ! 🙂

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  2. Ho oui alors, profite, profite, profite !
    Moi je me suis tellement torturée l’esprit pour petit N., si tu savais… On me disait toujours « c’est le premier, c’est normal », mais au fond de moi, je sens que si deuxième il y a, ce sera pareil, voire bien plus encore. De mon côté, et tu le sais bien je crois, j’ai mal vécu le fait de passer de deux à trois. Pendant ma grossesse, je n’arrivais pas à imaginer cet instant, qui retournerait toute notre organisation de vie, et lorsque s’est arrivé, c’était si fort, si bruyant pour moi. Et pourtant, aujourd’hui je l’aime à en mourir, même s’il nous a fallu du temps (bon, neuf jours, tout est relatif) !
    Aujourd’hui, je regrette un peu de ne pas avoir profité, tout simplement, de ma grossesse. Il faut se poser des questions, c’est évident, et c’est important, mais je m’en posais trop, je réfléchissais trop, je pensais tout, je rationalisais tout finalement, et je le regrette. Surtout que ça ne m’a pas empêchée d’être chamboulée lorsqu’il est arrivé, ce petit trésor. En fait, tout réside en ce mot : l’équilibre !
    Je t’embrasse ❤

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    1. Tu sais je crois que chaque grossesse est vraiment différente (on ne le répètera jamais assez 😉 ) et j’imagine que l’on se pose des questions à chaque grossesse, que ce soit la 1ère ou plus. Cela dépend aussi beaucoup du contexte professionnel, affectif, de notre vécu, de notre situation familiale. Tout a un impact sur la grossesse que l’on aura je crois !
      Oh oui, passer de 2 à 3 est une étape qui peut s’avérer compliquée ! De mon côté j’ai l’impression que pendant les premiers mois nous sommes passés de 2…à 2 ! En fait je suis passée de mon conjoint et moi à…mon bébé et moi. Et le papa a malheureusement été mis de côté quelques temps. Ce n’est vraiment pas facile de trouver un bon équilibre rapidement. Mais avec du temps on y arrive 🙂
      Je vais donc profiter des 4 mois restants car c’est quand même un sacré moment dans la vie d’une femme ! 🙂
      Je t’embrasse également !

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  3. J’attends mon 2eme bébé, et j’avoue que je me reconnais tellement dans votre article, plus irritable, sensible… Peut être une façon de bien se préparer à son arrivée, et même si l’on connaît déjà la maternité le bouleversement est tout aussi intense !

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    1. Oh merci ! Ça fait du bien de savoir que je ne suis pas la seule dans ce cas là même si je me doute que beaucoup de femmes vivent la même chose ! Je crois qu’avec une deuxième grossesse on se pose des questions différentes et on vit les choses différemment. Bon courage pour cette 2ème grossesse !

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  4. Que de questionnements difficiles à porter…. Tu as raison, cette période de la grossesse reste une période de fragilité, où tout semble soudain remis en question sans être pour autant déjà si différent. C’est tellement perturbant, il se passe tellement de choses en nous, dans nos esprits enfiévrés….!

    Aimé par 1 personne

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