Une famille

Devenir 4…

Mes chers lecteurs,

Voici presque 2 mois que je n’ai écris aucune ligne sur le blog. La raison ? Vous la connaissez bien sûr. Elle, ou plutôt, il, s’appelle petit A. Bien qu’ayant été très occupée, je dois dire que vous m’avez manqué ! Je refais donc doucement surface avec le billet de ce jour. Vous avez certainement suivi mon post accouchement sur Instagram (pour celles et ceux qui me suivent un peu) mais j’aimerais vous en dire plus et revenir au commencement de cette nouvelle aventure, à ce soir de la Saint Valentin où la vie à 4 a commencé. Je vous parlerai sans tabous, avec pudeur mais honnêteté.

Le jour J

Vous le savez, je redoutais une deuxième césarienne et je voulais à tout prix vivre un « vrai » accouchement, par voie basse. Mon petit A me l’a offert. J’ai souffert, j’ai pleuré, j’ai crié, mais comme ce jour fut beau, comme cette naissance fut réconfortante et gratifiante. Je peux dire aujourd’hui que je suis fière de moi. Je me suis surpassée, j’ai vécu cette épreuve avec toutes mes forces physique et mentale, comme toutes les femmes, comme toutes les mamans qui vivent un jour ce moment hors du temps…

Après un faux départ à la maternité le 13 Février, les contractions de travail ont réellement commencé le 14 Février aux alentours de 20h. On m’avait dit : « Tu verras, tu les reconnaitras facilement ! ». Je confirme ! Ce soir là pour moi, plus rien à voir avec les contractions ressenties les jours précédents. Si vous avez déjà accouché et que vous avez eu le temps de ressentir ces contractions, vous savez de quoi je parle. De plus en plus fortes, de plus en plus rapprochées. Dans ce flot d’émotions et de douleur, je me suis souvenue de ce que ma sage-femme m’avait dit lors des cours de préparation à l’accouchement. Une petite voix s’est alors mise à me coacher intérieurement : « Chloé, c’est ton moment, c’est maintenant et c’est ton mental qui va faire le boulot en grande partie ! ». Le contrôle de ma respiration a été essentiel dans la gestion de la douleur jusqu’à la pose de la péridurale. Dans ces moments là je dirais que le cerveau part complètement en vrille ! Je ne savais plus si je voulais que le papa me parle ou pas pendant les contractions. Je voulais que tout cela cesse, que mon bébé sorte au plus vite. Sauf que, en arrivant à 23h à la maternité, col fermé ! Quoi ??! (Si si Madame, donc vous allez peut-être rentrer chez vous !). Après 1h supplémentaire de douleur et un suppo, toujours aucun changement. J’ai donc eu une injection de morphine pour calmer la folle furieuse que j’étais devenue. Bon et bien, la douleur ne s’est pas dissipée mais j’étais, comment dire, sur une autre planète ! Ce qui a bien fait rire le papa. Bref…une heure plus tard, rupture de la poche des eaux et accélération du travail, dilatation du col, etc. A ce moment là je me suis jurée de ne plus jamais faire d’enfants ! J’ai enfin eu la péridurale vers 3h du matin il me semble et à partir de ce moment là, la tempête s’est calmée et tout s’est apaisé. Les contractions allaient et venaient telles de gentilles vagues sur le sable pour aider bébé à arriver. Ensuite tout est allé très « vite ». J’ai réuni mes dernières forces (avec papa) au moment de la poussée et notre petit ange est arrivé à 7h24 ce matin du 15 Février 2017. Je suis encore très émue en écrivant ces lignes.

Malheureusement, le rêve s’est immédiatement transformé en cauchemar pour moi. J’aurais aimé que les sentiments de joie et de bonheur perdurent encore et encore mais cela n’a pas été le cas et a commencé pour moi un long parcours du combattant, pour me sentir mère à nouveau.

Le baby-blues et la dépression post-partum

Dès que j’ai vu mon petit A, j’ai su que les choses étaient différentes du 1er accouchement et j’ai immédiatement ressenti que quelque chose n’était pas « normal ». Je n’ai pas eu le coup de foudre pour mon bébé. Et ça m’a fait mal. Très mal. J’ai mis ça sur le dos des hormones, de la fatigue et du fameux baby-blues. Lorsque que je suis enfin rentrée chez moi, le 3ème jour après l’accouchement, tout s’est écroulé autour de moi. Une journée entière à pleurer, à me demander pourquoi j’avais voulu 2 enfants, à ne pas savoir comment j’allais gérer mes 2 petits, comment j’allais m’occuper de petit A, comment j’allais l’aimer aussi fort que son grand frère… Les semaines qui suivirent furent extrêmement difficiles et la dépression fit place au baby-blues. Plus envie de rien, plus envie d’être maman, plus envie d’allaiter. Juste l’envie de pleurer. Juste une tristesse profonde qui m’accompagnait chaque jour et puis…un sentiment de nostalgie. La nostalgie de mon petit G lorsqu’il est né. Mes deux bébés ne se ressemblaient pas du tout à la naissance. J’ai été surprise et déçue je crois. Comment deux frères pouvaient-ils être aussi différents ? C’était inconcevable pour moi. Et la culpabilité me rongeait. Pourquoi ne me sentais-je pas capable de m’occuper de petit A correctement ? Pourquoi était-ce si difficile d’éprouver tous ces sentiments ressentis pour son grand frère ? Je vécu alors cette sensation terrible de me dire que je n’arriverai jamais à l’aimer autant, que j’étais une mauvaise mère. Et pourtant…

En parallèle de cette difficulté à tisser le lien avec petit A, mon amour pour mon petit G se faisait encore plus fort. Mon fils ainé me manquait cruellement chaque jour. Je n’avais envie que de lui, envie de respirer ses cheveux, d’embrasser ses joues, de le serrer si fort contre moi et de lui dire que je l’aimais plus fort que jamais. Mon bébé avait grandit. Je ne l’avais pas réalisé jusqu’à ce que son petit frère naisse. Une claque en pleine figure. Violente. Douloureuse. Ce matin du 15  Février, petit G devenait grand G. Et je n’y étais pas préparée.

Il m’a fallu du temps pour comprendre que je n’avais pas fait le deuil de petit G en tant que bébé. Mais au fil des jours et grâce à l’écoute d’une psychologue, j’ai compris qu’il était désormais grand frère et  je le laissais prendre ses marques au sein de notre nouvelle famille. Cela a pris du temps, beaucoup de temps. Le temps nécessaire pour que chacun trouve sa place et que j’apprenne à connaître mon bébé, mon petit A, un petit être si fragile qui avait besoin de moi…

Je crois que j’avais imaginé l’arrivée de petit A comme similaire à celle de petit G. Mais ni sa naissance, ni lui, n’ont été similaires. Et aujourd’hui je suis bien consciente que c’est tant mieux !

Le bout du tunnel

Mon petit A a voulu, dès sa venue au monde, se démarquer et faire sa place au sein de notre famille, montrer qui il était et surtout qu’il était bien là, ce petit frère, ce petit garçon, ce bébé innocent. Non il ne ressemblait pas à son frère et oui il avait décidé d’être collé à sa maman. SA maman. J’étais sa maman à lui aussi et il me l’a bien fait comprendre.

Petit A est un bébé qui aime encore plus le contact avec moi que son frère au même âge. Petit A est un bébé qui pleure beaucoup mais petit A a ouvert ses grands yeux très vite et surtout, il m’a souri et n’a cessé de le faire depuis. Chaque jour il a conquit un peu plus mon cœur de maman et l’a rempli d’amour. Mon petit A a bouleversée mes certitudes de maman, mon petit A nous a tous fait grandir d’un coup, d’un seul. Aujourd’hui il me donne le sourire et je n’imagine pas ma vie sans lui. Je ne pourrais plus me passer de ses grands yeux noirs (un point commun avec son frère ! 😉 ), de ses petites joues à croquer (un 2ème point commun…), de son odeur de bébé, de nos petits moments tous les 2.

Ce bébé, je l’ai imaginé chaque jour de ma grossesse, mais il est bien différent, il est lui, il est là et il est unique, tout comme mon amour pour lui et celui pour son frère. L’aventure a 4 ne fait que commencer…

To be continued…

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Je vous embrasse et vous souhaite un beau weekend !

 

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13 commentaires sur “Devenir 4…

  1. Holala ma petite Chloé, que ça me rend triste de lire certaines de tes lignes… Tu le sais, que j’ai dû franchir ce baby-blues, moi aussi, mais te savoir être allée jusqu’à la dépression m’émeut beaucoup. La barrière entre baby-blues et dépression post-partum est si petite, si petite… Et pourtant, qu’est-ce qu’on les aime ces bébés. D’ailleurs, je perdure à croire que c’est parce qu’on les aime totalement, entièrement, passionnément, qu’on vit ce baby-blues et cette dépression.
    J’espère que tu vas bien mieux dorénavant, mais à lire tes dernières lignes, j’ai l’impression que le soleil revient petit à petit réchauffer ton cœur et tu m’en vois ravie.
    J’ai cru lire/voir que tu étais bien entourée, et je sais que cela contribue à 300% au fait de remonter la pente et de toucher les rayons du soleil.
    Je te souhaite un bien joli renouveau avec petit A. !

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  2. D’abord je voulais te féliciter toi, ton homme, ton ainé et bien sûr petit A pour cette naissance!
    Il est arrivé et il a bousculé un peu les pions, ça fait du mouvement dans la tête et c’est clair qu’il faut du temps pour réétablir les places et les accepter.
    Je me souviens que moi aussi, à l’arrivée de mon deuxième je passais beaucoup de temps à repenser à mon ainé en tant que bébé, je me remémorais sa naissance, ses premiers mois, etc. Et puis ensuite, il a pris, dans ma tête, sa place de « premier bébé » pour laisser la place au « deuxième bébé ».
    La photo est magnifique… ❤

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  3. Ton billet est très beau et me fait pleurer…On sent tout l’amour pour tes deux petits gars, quelque soit le chemin. Je te tire mon chapeau non seulement d’avoir réussi à en parler et ensuite d’avoir cherché à te sortir de ça, tu t’es battue comme une chef et je suis tellement fière de ce que tu es…L’apaisement est retrouvé, ce n’est pas simple tous les jours mais le principal est là et vous êtes si beaux tous les quatre. Hâte de te voir, je t’embrasse fort ainsi que tes hommes. ❤

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  4. Heureuse que tu aies pu avoir un accouchement par voie basse comme tu le souhaitais – douloureux, oui, mais un moment unique en tant que femme (imagine quand on ne peut pas te poser la péri assez rapidement ;o) – je suis passée dans un autre monde moi aussi!).
    J’ai eu la chance de ne pas avoir de baby blues (hormis quelques heures de flottement suite à la naissance de ma 2ème (sans péri, donc) que j’ai eu l’impression de ne pas maîtriser. Mais j’imagine combien ça doit être dur d’être si détachée du petit nouveau, et aussi de son grand…Car oui, on se rend compte à ce moment là combien il a grandi, et comme tu le dis très bien, il y a un « manque » du grand dont on parle assez peu mais dont on souffre effectivement.
    Et je crois que tu termines cet article sur un point crucial…on IMAGINE notre deuxième, beaucoup en nous basant sur le premier…mais rien n’est pareil. Heureusement je crois que ce n’est que transitoire – tout va se mettre en place et j’espère que tu vas déjà bien mieux.
    Quel plaisir de te retrouver ici, en tout cas ;o) – et re-félicitations, quand même!

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  5. Quel plaisir de te lire à nouveau ! Même si je dois bien avouer que ton billet m’a plusieurs fois mis les larmes aux yeux.
    Je suis heureuse de voir que petit à petit tu trouve ton équilibre avec tes deux petits bonhommes. On sent beaucoup d’amour à travers tes mots, beaucoup de remise en question mais surtout beaucoup de force !
    Je te souhaite que les moments à venir soient encore plus beaux ❤

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  6. Felicitations ! Quelle jolie famille. Bravo d’avoir mis des mots sur ces premières semaines, pas évident à raconter. L’arrivée de ma numéro 2 m’a fait également plonger aussi dans la dépression post partum, assez déstabilisant quand on a tant souhaité ce bébé. J’ai mis plusieurs mois à m’en sortir…. et j’ai ensuite très vite voulu un petit 3eme. Comme quoi, seul les jolis moments comptent vraiment ! Courage pour les petites nuits du début, et à bientôt !

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  7. Un millier d’émotions dans cet article ! Je trouve ça tellement courageux de partager ces moments là. Mais cela nous permet de se sentir « plus normal » car au fond tellement de personnes comprennent ces émotions.

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  8. Ma pauvre. Je comprends tellement ce que tu ressens. Je l’ai vécu aussi et la nana de la PMI m’avait même dit « surtout ne restez pas comme ça madame, si ça va pas mieux dans 2 semaines, vous allez voir un médecin »… Je ne suis pas allée voir de médecin, et j’ai mis 2 mois à m’en remettre.
    Jusqu’à ce que je retourne au travail en fait. Foutu babyblues à la noix.
    Les hommes ne comprennent pas donc ça rajoute une couche à notre malheur. Nous avons vraiment vécu 4 mois de merde à cette période là. Par chance, tout s’arrange, et nous sommes très heureux maintenant.
    Je te souhaite bon courage, même si tout va mieux maintenant, et tant mieux !
    À très vite 😉

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  9. Félicitation pour cette naissance!
    Je te comprends, pour la tempête émotionnelle, le réajustement des places et tout et tout.Chez nous c’est l’ainé qui a pris toute la place au début et le petit qui se faisait discret. Je pense que c’est une question d’équilibre à retrouver, ça met du temps. Et j’ai aussi eu la terrible impression d’avoir fait une bêtise monumentale en faisant un deuxième. Ça m’arrive encore, mais moins.

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  10. L’amour n’est pas toujours immédiat et je sais que cela peut être délicat mais il faut souvent du temps pour s’apprivoiser… J’avoue que comme toi j’ai cette peur d’aimer ma deuxième fille un peu moins que la première. Tout le monde me rassure mais il reste cette satanée petite voix : « et si… ».

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