Une maman

Tatoués sur ma peau

Je vois déjà vos yeux écarquillés à la lecture du titre évocateur de ce billet. Je suis désolée de vous décevoir mais, non, je ne me suis pas fait tatouer le prénom de mes enfants sur le corps. Je n’en ai pas eu besoin, ils s’en sont chargés pour moi. Mes enfants ont eux-mêmes marqué ma peau de leur venue au monde.

Depuis le premier jour, depuis ma première grossesse, mon corps ne m’appartient plus vraiment. Tout commence par des nausées (pour la plupart) puis se termine par un ventre aussi rond qu’un ballon, en passant par les vergetures pour certaines, la prise de poids, les douleurs dorsales et j’en passe. Oui mais voilà, mon corps et moi avons fait un pacte, le jour où nous avons ensemble décidé que nous porterions la vie. Depuis ce jour mon corps est devenu une forteresse dans laquelle j’ai essayé de protéger du mieux que j’ai pu mes 2 oisillons. Mon corps est devenu une couveuse, chaude et accueillante. Mon corps est devenu un petit nid douillet et moelleux. Mon corps s’est transformé en supermarché avec tout à disposition, nourriture et boisson à volonté. Mon corps est aussi devenu une voiture dans laquelle il a fallu mettre chaque jour un peu plus de carburant et la faire avancer, au fil des kilomètres, vers une destination inconnue, vers une histoire unique, pour chacun. Il y aura eu des pannes, des accélérations, des dos d’ânes, des feux rouges, des chemins sinueux, des autoroutes. Et au final, il y aura…EUX. Mes deux bébés, la chair de ma chair. Et pour eux, je ne regrette pour rien au monde de leur avoir fait don de mon corps. Non, je ne peux pas leur en vouloir de l’avoir changé, ce corps avec lequel j’ai partagé de si nombreuses années. Bien au contraire, je leur en suis reconnaissante de m’avoir donné le corps d’une maman. Un corps dont la beauté n’est égalée par aucun autre, un corps dont chaque histoire est unique.

Chacun son tatouage laissé sur ma peau, chacun sa cicatrice. Encore aujourd’hui mon corps est aussi vital pour mes enfants que l’air qui rentre chaque jour dans leurs poumons. Je suis à présent le corps qui réconforte, le corps qui réchauffe, le corps qui enlace, le corps qui porte, malgré les douleurs toujours présentes. Je suis le corps doudou, le corps tétine, le corps biberon, le corps oreiller. Et c’est sans regret aucun que je suis aujourd’hui ce corps. Je suis fière à chaque seconde d’être pour eux ce qu’il y a de plus précieux à leurs yeux. D’être leur maman. Je n’ai besoin de rien d’autre pour le moment que de savoir mes enfants heureux et épanouis grâce à moi.

Je sais, mesdames, mesdemoiselles, qu’un jour ce corps nous reviendra, plus fort, plus résistant, et que l’on pourra lire sur celui-ci l’histoire de chaque vie qu’il a portée, avec son lot de  souffrances mais surtout d’éclats de rires. Et je me souviendrai à jamais d’une petite main posée sur mon bras, de la douceur d’une joue contre la mienne, d’un baiser rempli de salive, de petits pieds recroquevillés sur mon ventre, du parfum de leurs cheveux dans mon cou. Mon corps est à la fois un peu le mien, un peu le leurs. Il est ce lien entre eux et moi, ce lien d’amour inconditionnel qui se tisse, si puissant, au fil des jours et des années qui passent.

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Je vous souhaite une belle semaine 

 

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14 commentaires sur “Tatoués sur ma peau

  1. Pfiou il est magnifique cet article, j’en ai les larmes aux yeux …
    C’est fou parce qu’on se suit sur les grossesses et naissances, et je me rend compte qu’on passe aussi par les mêmes considérations 🙂
    Je t’avoue que j’ai beaucoup de mal avec mon corps en ce moment, mais comme tu le dis si joliment et si bien; c’est un corps de Maman dans tout ce que cela sous-entend !
    ça fait du bien de lire ça, merci 🙂

    Aimé par 2 people

  2. C’est magnifique…comme le corps des mères lui-même, si magnifique avec toutes ses imperfections mais tous ces souvenirs et cette générosité unique, celle de perdre un peu de nous mêmes pour le leur donner entièrement…

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  3. Juste…. wahou….
    J’adore, surtout dans notre monde où on nous demande de maîtriser notre corps, de le lisser, l’épiler, le flouter, le rogner, l’amincir pour correspondre aux images des magasines et aux attentes de la société…
    Nous n’avons pas un corps, nous sommes (aussi) un corps…. avec son histoire, ses cicatrices et sa beauté….

    Merci !!!

    Aimé par 2 people

  4. Oh que c’est beau, ces mots ! Je t’admire énormément, parce que je ne suis pas encore arrivée à cette acceptation de mon rôle de maman, pleinement, physiquement, comme tu sembles le faire si naturellement.
    Est-ce que ce cheminement a été immédiat ? Est-ce qu’il était déjà fait pour Petit G. ou est-ce que c’est l’arrivée de Petit A. qui t’a permis de mettre des mots (et des mots si doux !) sur tout ça ?
    En tout cas, merci beaucoup pour ce point de vue. Tu ne peux pas savoir à quel point lire ces lignes m’a fait du bien ! ❤

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  5. C’est un très joli article qui nous parle à toutes je crois.
    Partager mon corps, héberger un petit être humain a été une expérience tellement particulière (le papa flippait dès que le ventre bougeait, il a trop regardé alien)
    aujourd’hui mes enfants sont petits et j’ai un lien très physique avec eux, le besoin de les sentir contre moi, c’est tellement primitif.

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