Sois femme et tais-toi !

Je voulais vraiment devenir maman, sans imaginer, je crois, à quel point ma vie allait changer. Mais pas seulement ma vie. Ma façon de penser aussi, de voir le monde, de définir mes priorités. Avant je voulais un « bon » métier, me donner du pouvoir, peut-être pour avoir davantage confiance en moi et me sentir  » à la hauteur ». Et puis il est arrivé, mon bébé, mon G. Et à ce moment là, j’ai réellement pris de la hauteur et je me suis pris en pleine tête toute la complexité d’être une bonne maman – une femme – une professionnelle. Et tout mon équilibre entre vie perso et vie pro s’est effondré. Depuis ce jour, je réfléchis sans cesse à comment être heureuse tout en m’occupant de mes enfants mais aussi en réussissant à m’épanouir professionnellement parlant. Pas facile. Très compliqué même. Et je suis loin d’être la seule dans ce cas là.

Après tout, chacun(e) fait bien comme il le souhaite. Pour ma part, il est hors de question de laisser mes enfants ne voir leurs parents (ou par chance, au moins l’un des deux), seulement quelques heures par jour. J’entends déjà les voix s’élever et penser que c’est le lot de tout le monde, que beaucoup de parents n’ont pas le choix, que l’on s’habitue, que les enfants le vivent très bien. Oui mais voilà, le problème est bien là. Nous n’avons PAS le choix, nous les femmes. Oui surtout nous. Parce que, même si de plus en plus de papas prennent un congé parental, les mamans restent néanmoins les actrices majoritaires de la vie de famille. Et je les comprends : qui veut réellement faire des enfants pour ne pas (assez) participer aux premières années de leurs vies ? Moi pas en tout cas. Et attention, quand je dis « premières années », je ne parle pas de la première ou la deuxième, voire la troisième année. Non Non. Parce qu’après les 3 premières années de vie d’un enfant, on a tendance à le voir « grand », « autonome », prêt à « sauter dans le grand bain ». Alors oui, je suis à 100% pour l’autonomie de l’enfant et ceci dès qu’il le peut. Mais j’ai beaucoup de mal à concevoir qu’un enfant, après une longue journée de crèche ou d’école, ne puisse pas retrouver l’un de ses parents, ne puisse pas lui raconter immédiatement ce qu’il a fait/aimé/détesté, et qu’il ne puisse pas sentir l’étreinte réconfortante de sa mère contre son petit ventre rond.

Je vis en région parisienne, donc je dois compter environ 1h de transport en commun pour me rendre sur mon lieu de travail. Je suppose que c’est le cas dans beaucoup d’autres villes françaises. Admettons donc que je termine (par chance), mon travail à 17h. Je vais donc courir pour récupérer in extremis mon bébé à la crèche et mon grand à la garderie de l’école. Si je termine à 18h, je l’ai dans le baba comme on dit.

Mais alors, comment faire ? Quels choix s’offrent à moi, à nous les mères ? Le problème c’est qu’en tant que femme, je n’ai PAS LE CHOIX ! Sur mes épaules repose très subtilement une sympatique pression qui me « pousse » à travailler, pour que l’on soit fière de moi, pour que je sois « bien vue » par la société, pour que tout le monde pense que j’assure au boulot et à la maison, sans me plaindre et sans fatigue. Ben oui, il faut choisir : soit tu travailles (même un petit 35 heures fait l’affaire) et alors tout le monde t’applaudit (Attention tout de même à celles et ceux qui considèrerons toujours, derrière leur bureau de travail, que tu exagères un chouia et que tu pourrais quand même passer un peu plus de temps avec tes enfants), soit tu ne travailles pas et tu passes pour la « feignante » qui veut rester à la maison avec ses enfants à faire des siestes pendant les leurs, regarder des dessins animés affalée sur le canapé et manger des coquillettes jambon midi et soir. Bon d’accord, je caricature. Mais c’est un peu ça quand même.

Pour ma part je ne suis d’accord ni avec l’option 1, ni avec l’option 2. Alors je fais quoi ?

Je prends un congé parental, je travaille à mi-temps, à 80% ? Et bien non, je ne peux pas ! Parce que mon mari n’est pas Rothschild et que la CAF n’est pas très généreuse ! Mais c’est tout de même très tentant, et même si mon employeur me regarde avec deux yeux noirs, je tente l’expérience. Et puis on fera attention aux dépenses. Voilà, c’est tout.

Dans mon cas, j’ai travaillé 6 mois à 80% après la naissance de mon premier enfant, et encore, selon mon ancien employeur, j’ai eu de la chance que cela ait été accepté (euh mais attendez les gars, c’est pas légal de refuser en fait ! Après la fin de mon congé maternité, si j’ai au moins travaillé 1 an dans votre société avant la naissance de mon enfant, le temps partiel doit automatiquement être validé par l’employeur !). Puis, suite à quelques désaccords, nous nous sommes séparés « à l’amiable » (cf Changement de cap !). 

Bref, youpii, me voilà au chômage ! Oui, c’est moche, ça craint, ça fait pas sérieux, etc. Mais c’est comme ça ! J’allais donc pouvoir réfléchir tranquillement à mon avenir. Sauf que…bébé A a décidé de venir se nicher au creux de mon ventre juste à ce moment là. Si vous me suivez un peu vous saurez que ma 2ème grossesse a été assez difficile à vivre et à gérer, mais je vous rassure, tout va bien à ce jour.

Et je fais quoi après ? 

Loin (très loin) de moi l’envie de rester au « chômage ». Je rappelle juste qu’avoir deux enfants n’est pas de tout repos, et que j’ai acquis/développé/renforcé un tas d’autres compétences très utiles dans le cadre d’un emploi. Dommage que je ne puisse pas rajouter tout cela sur mon CV… A méditer…

Bref, j’ai besoin de travailler. Tout d’abord parce qu’il faut bien se nourrir/loger/s’habiller/se divertir, mais aussi parce que j’ai besoin de m’épanouir dans un domaine qui me plaise, besoin de reprendre confiance en moi et besoin d’être une maman heu-reuse !

J’ai bien tenté de reprendre le travail, avec mon petit bureau, mes petites collègues, ma petite chef, pour une petite vie bien rangée. Mais je me suis vite rendue compte que :

  1. Cet emploi n’était pas fait pour moi.
  2. Cet emploi du temps et cette organisation ne me convenait pas.

Je suis donc en pleine réflexion, mon cerveau bouillonne depuis plusieurs jours maintenant. Pour avoir la liberté de récupérer mes enfants le soir à la crèche/l’école et pour m’en occuper lorsqu’ils sont malades, lorsqu’il y a grève nationale ou encore que j’ai envie de participer à une sortie scolaire, je me dis que travailler de chez moi ou bien devenir mon propre patron sont les solutions à mes problèmes. Mais je ne suis ni expérimentée dans le domaine qui m’intéresse (presse écrite/web, si tu passes par là) et je ne suis pas non plus un as de l’entreprenariat. Pourtant, il va bien falloir se lancer (et que l’on me donne ma chance aussi). Parce que je ne veux avoir aucuns regrets, parce que je veux profiter de mes enfants avant qu’ils ne grandissent trop vite, parc que je suis une femme et que je ne veux pas me taire (et aussi accessoirement, parce que j’aimerais vivre de ma passion…mais bon, devenir écrivaine ça ne se fait pas en claquant des doigts).

L’autre option c’est aussi bien sûr de trouver un emploi :

  1. qui m’intéresse
  2. avec des horaires compatibles avec mon organisation de vie familiale
  3. avec un salaire qui permette un minimum de vivre (et non pas de SUR-vivre).

Le souci c’est que nous les femmes, nous sommes peu considérées, nous devons jouer sur plusieurs tableaux et assurer dans chacun d’eux. Les aides financières sont maigres, les propositions d’aménagement du temps de travail sont souvent inexistantes ou bancales.

Bref…c’est compliqué, et je sais bien que c’est compliqué pour tout le monde, pour chaque maman qui laisse le matin son petit à la crèche/chez la nounou/à l’école. Je ne sais en aucun cas de quoi demain sera fait. J’ai un certain nombre de choix à faire dans ma vie, mais j’espère vraiment qu’un jour, les mamans seront considérées comme des femmes à part entière, au moins sur un point de vue professionnel !

***Bonne journée et à très vite***

 

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10 commentaires sur “Sois femme et tais-toi !

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  1. JE vois que nous en sommes à peu près au même point… j’ai le même parcours (ou presque), les mêmes envies (ou presque) et les mêmes interrogations… j’ai d’ailleurs publié plusieurs billets à ce sujet ces dernières semaines… je te souhaite d’avoir rapidement l’opportunité qui te permettre de trouver l’équilibre qui te convient entre vie pro et vie perso !😘😘😘

    Belle soirée

    Virginie

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis à 100% d’accord avec toi. Et, même si j’ai la chance d’avoir un travail souvent assez cool sur les horaires et avec les vacances scolaires et donc adaptée à la vie de famille (merci l’éducation nationale!) c’est un métier difficile et prenant qui ne nous quitte pas même après que l’on soit rentrés à la maison. Et parfois j’aimerai, moi aussi, me délester un peu. Mais voilà Chéri-chéri n’a pas de revenu depuis février alors il a bien fallu reprendre le chemin du travail à peine 2 mois et demi après la naissance de ma deuxième et jongler entre les différentes tâches qui incombent « naturellement » (ou pas!) aux femmes…

    Aimé par 1 personne

    1. Je te remercie pour ton petit mot ici ! Je comprends parfaitement la difficulté de ton métier et te dis bravo de combiner ta vie pro et ta vie de maman comme tu le fais. Rien n’est facile dans notre joli petit monde mais les femmes ont ce pouvoir de réussir à (presque) tout combiner… On en parlera plus dans mon prochain article 😉

      J'aime

  3. Tu te trouves là dans une situation un peu délicate où tu souhaites concilier ce qui était avant quasiment inconciliable.
    Oui, mais voilà, les temps ont changé. Et maintenant, il y a deux choses (plus ou moins) formidables que tu pourrais considérer. Ce sont là des pistes et bien sur c’est toujours ton chemin que tu traceras, mais voici ce que je vois en tant qu’employée, recruteuse (entre autres… )
    1. Le télétravail. C’est délicat pour plein de raisons, la première étant qu’il est difficile de cloisonner vie privée / vie professionnelle, mais le télétravail s’accompagne d’une certaine latitude que tu n’auras dans aucun autre emploi.
    2. L’auto-entrepreunariat. Cela revient un peu au premier point, sauf que c’est beaucoup plus facile de trouver un emploi si tu considères ce que tu aimes et comment tu pourrais le faire à distance.

    Bien sur un emploi traditionnel est toujours une solution, mais comme tu le soulignes très bien c’est compliqué 🙂
    Moi je n’ai pas d’enfant, mais dans mon domaine le télétravail devient de plus en plus monnaie courante et j’avoue que c’est un soulagement car le jour où j’en aurais, je me dis que (au moins) je me poserai moins ces questions.

    Bon courage à toi

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour à toi et merci pour ton commentaire. En effet, j’évoque ces deux possibilités de travail dans mon article car elles me semblent être davantage conciliables avec la vie de famille comme je l’entends.
      Puis-je te demander dans quel domaine tu travailles ?

      J'aime

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