Les hommes grands

Dernièrement, j’ai lu (pour mon plus grand plaisir) beaucoup d’articles sur la place des femmes dans notre société, sur leurs combats, leurs attentes concernant l’égalité homme-femme, sur les valeurs à transmettre à nos petites filles, sur les forces indispensables sur lesquelles elles devront s’appuyer dans ce monde hostile. Et je ne peux qu’acquiescer, et mener, silencieusement souvent, mon combat aux côtés du leur. Parce qu’être une femme aujourd’hui représente encore, à bien des niveaux, une lutte douce-amère, dont j’ai d’ailleurs subit les conséquences lors de ma dernière expérience professionnelle. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Enfin pas tout à fait ! Toutes ces lectures m’ont, une fois de plus, conduite à me questionner sur ma place et mon rôle en tant que maman de garçons. Car oui, mes fils seront peut-être les compagnons de vos filles demain; ils seront peut être les patrons de demain ou bien les salariés d’entreprises côtoyant chaque jour des femmes. Peut-être seront-ils médecins, pompiers, chauffeurs ou avocats. Mais peut-être pas. Peut-être seront-ils danseurs étoiles, cuisiniers, stylistes, peintres ou maquilleurs. Et je m’en fiche. Royalement. Je souhaite juste à mes enfants qu’ils trouvent la voie vers leur bonheur. Néanmoins, il est de mon devoir de mère de les y aider, à trouver leur voie mais aussi à respecter celle des autres. De tous les autres. Homme ou femme, sans distinction aucune. Et c’est là un combat supplémentaire de femme que je me promets de prendre par la main chaque jour.

Je me suis toujours imaginée maman de filles. Allez savoir pourquoi ? Peut-être parce que je suis principalement issue d’une famille de filles (mon frère, si tu me lis, pardonne-moi !). Dans la famille nous sommes 3 filles et 1 garçon, et j’ai également beaucoup de cousines. Et puis les filles, c’est trop mignon, ça porte des robes, du rose, des nœuds dans les cheveux… Bref…les filles c’est trop chouette tandis que les garçons, c’est turbulent, ça court partout et c’est toujours sale ! De quoi avoir une folle envie d’avoir des garçons, n’est-ce pas ? Enfin ça, c’est le message qu’on veut bien nous faire passer, et j’y ai sans doute cru l’espace de quelques années temps. Mais c’était bien avant que Dame nature me charge d’une super mission à laquelle je ne m’attendais pas vraiment : Devenir maman de DEUX garçons ! Alors oui, je le prends comme un coup du destin. Mais pas un mauvais coup ! Non non, bien au contraire. C’est une fierté et surtout c’est ma responsabilité de parent d’élever et d’éduquer mes enfants comme il se doit. Comme tout parent d’ailleurs.

Mes deux petits hommes, je les chéris et les aime inconditionnellement ! Oui mais voilà, très loin de moi l’idée de les chérir au point qu’ils en deviendraient des fils à maman, incapables d’autonomie ou d’indépendance, avec l’idée que les mères, les femmes, sont là au quotidien pour penser à, faire, gérer, nettoyer, éduquer, pleurer, câliner, cuisiner, etc. Simplement, je ne peux pas le leur dire directement. La transmission des valeurs importantes doit, selon moi, se faire au quotidien de manière subtile et intelligente.

LE RESPECT

Le respect est pour moi la base de toute relation équilibrée et saine dans notre société. Comment apprendre à respecter les autres ? En écoutant, en faisant preuve d’empathie, en accueillant les émotions. Et bien je tente, en tant que maman souvent imparfaite mais pleine de bonnes volontés, de faire exactement la même chose avec mes enfants. Bien entendu, je ne contrôle pas toujours tout et certains soirs j’ai moins envie que d’autres de « recueillir les émotions » de mes enfants si vous voyez ce que je veux dire. Mais, j’apprends ainsi à mes enfants que l’autre, est une personne à part entière, avec des émotions qui lui sont propres et qu’il a le droit d’exprimer, peu importe son sexe. Oui les garçons pleurent et les papas peuvent les consoler. Oui les filles se mettent en colère et les mamans peuvent les gronder. Et inversement. Respecter les émotions de l’autre est un premier pas vers l’égalité. Respecter ses choix en est un autre. Je tente d’apprendre à  mes fils à faire un choix sans se sentir juger. C’est à mon sens primordial. Mon fils veut un sac à dos La Reine des Neiges ? Très bien, je respecte son choix, je respecte qui il est. Et il en fera certainement de même avec mes choix ou ceux de ces petits copains/copines.

LA DIFFERENCE 

Les enfants apprennent très tôt certaines différences et notamment celle des sexes. Et si on arrêtait d’accentuer cette différence dans tous les sens, les enfants, qui seront les adultes de demain, arriveraient peut-être à l’âge adulte avec une idée bien plus harmonieuse de l’espèce humaine ? Encore une fois, j’essaye de montrer à mes enfants que l’autre n’est pas défini seulement par son sexe, sa couleur de peau, sa religion, mais bel et bien par ses ressentis, ses envies, ses choix. Alors oui, me direz-vous, cela est un peu utopiste, mais je m’efforce de croire que c’est avec les petits fleuves qu’on fait les grandes rivières. Vous me suivez ? La différence n’existe que dans les yeux de celui qui la connaît. Je voudrais que mes enfants aiment ces « différences » qui nous entourent. Qu’ils s’en inspirent, qu’ils s’en nourrissent. Qu’ils voient en tel ou tel être humain, homme ou femme, pas seulement sa beauté physique mais qu’ils écoutent également ses idées, qu’ils les partagent ou non, qu’ils découvrent ses talents et reconnaissent ses qualités intellectuelles ou artistiques.

LE CORPS 

C’est un sujet qui, bien entendu, va de pair avec celui du respect. Je vais évoquer ici des principes évidents mais essentiels à mon sens. Si mes fils respectent leurs corps, ils auront forcément plus de facilité à respecter le corps de l’autre, en l’occurrence celui de la femme. Nous sommes donc bien d’accord, le corps est la propriété de chacun. Ce principe peut sembler paradoxal durant les premières années de vie de l’enfant, puisque l’enfant et la mère ne font souvent qu’un avant que l’enfant lui-même ne se rende compte de son propre corps, de sa propre identité. Comment, en tant que parent, résister à l’envie viscérale de câliner son enfant et surtout…de l’embrasser ? Impossible. Mais, pas de panique puisque le contact est un besoin primordial et animal pour le tout petit. C’est une question de survie. En revanche,  faire ou recevoir des bisous lorsque l’enfant est un peu plus âgé, cela demande à mon avis un peu de recul et un questionnement incontestable. Je dois avouer que nous sommes confrontés à certaines situations qui me hérissent les cheveux sur la tête concernant mon Little G de 3 ans 1/2. Faut-il ou non le « forcer » à embrasser Tatie Jeannette ou Papi pouet pouet ? La réponse est non. Mais les mentalités des « anciens » sont difficiles à changer. Bref…j’en parlerai peut-être dans un prochain billet. Ceci étant dit, je m’efforce de faire comprendre à mes deux progénitures que le corps de chacun doit être respecté mais aussi aimé, dans toutes ses formes. Je m’explique. A l’heure où les diktats de la perfection envahissent les magazines, les écrans, etc. je me pose la question de savoir si c’est vraiment l’image de la femme que je veux donner à mes fils. Bien sûr que non. De nos jours, une certaine forme de beauté est représentée par le « zéro-défauts », la minceur, la pilosité inexistante. Tous les goûts sont dans la nature, mais encore une fois, j’aimerais véhiculer l’idée que chaque corps peut-être beau. J’imagine que les choses seront sûrement plus complexes à l’adolescence mais en attendant, j’œuvre telle une petite fourmi à ma tâche de maman. Comment faire en sorte que mes fils réussissent à voir cette beauté du corps au grand jour et à en respecter les moindres détails ? Je ne suis pas encore certaine de le savoir. Peut-être en mettant à bas les complexes au sein de notre propre famille. Mais aussi et surtout, comme évoqué plus haut, en leur apprenant le consentement mutuel.

***

Je pourrai écrire encore des dizaines de lignes à ce sujet mais je m’arrêterai là pour aujourd’hui. Je ne suis pas dupe, je sais que la société, l’école, les fréquentations de mes enfants, les mèneront à marcher sur certains chemins qui ne seront pas forcément les miens. Mais je me dis que le socle de base sera là. Que leur père et moi auront tout fait pour les aider à devenir des hommes biens. Des hommes grands avec la conviction que l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas une quête mais simplement un devoir, une réalité.

 

Chloé

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8 commentaires sur “Les hommes grands

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  1. Ah le consentement et les bisous forcés à Mamie et Tatie ! Nous avons eu la discussion avec mon homme et ma belle-mère récemment ! Et à ma grande surprise, c’est elle qui a expliqué avoir lu un article sur comment cela se passait dans les pays nordiques et finalement, et c’est elle qui a dit comprendre que forcer les bisous n’était pas si compréhensible ! Bref, même les personnes les plus obtus (oui, ma belle-mère est un archétype de l’ancienne génération) peuvent évoluer ! Pas de chance, les miens détestent les bisous… Mais, par contre, ils doivent dire Bonjour, Au revoir et Merci ! E ncore un beau billet, sur lequel je te rejoints entièrement !

    Bises
    Virginie

    Aimé par 2 personnes

    1. Ah mais c’est super quand cela vient directement de la part de la Mamie… De mon côté je ne pense pas que ça arrivera malheureusement… Je suis vraiment gênée par certaines situations et je vois mon petit garçon qui se force à faire des bisous… ça me peine mais je ne sais pas comment aborder le sujet ! Je partage également ton point de vue sur la politesse ! Bisous et politesse ne sont pas forcément liés à mon sens ! Merci à toi. Bises

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  2. Comme tu as raison… Le travail d’un monde meilleur et de rapports femmes-hommes passe avant tout par notre travail de mères. Hier encore, un voisin que je n’avais jamais croisé a insisté lourdement pour que Romy s’intéresse à son facetime et demandait qu’elle fasse un bisous via l’écran au bébé de je ne sais qui, je ne sais ou. J’étais démunie, comme souvent. J’ai du caser une ou deux blagues, prétexter la fatigue, on est pressés… J’espère un jour être capable de dire simplement « elle n’a pas envie, on ne la force pas ». Ce serait déjà un grand pas !

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    1. Oh lala ma belle comme je te comprends… Ce genre de situation me hérisse les poils et j’ai très souvent la même réaction que toi pour essayer de me sortir de là. J’explique les choses à mon grand garçon lorsque nous sommes tous les 2 et il les comprend très bien. Mais je suis encore trop souvent gênée de devoir dire  » Il n’a pas envie de faire un bisou, c’est son droit »…

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  3. Comme tu imagines, ton texte me parle complétement 🙂
    C ‘est une question que je me pose très souvent, et encore plus en tant que maman de garçon.
    Je te rejoins sur tous tes points, et j’ai aussi quelques idées sur la façon dont on éduque les garçons, cette pression que l’on met désormais sur eux pour qu’il respecte absolument les filles; mais que l’on oublie même parfois de les respecter, eux ! Je pense d’ailleurs en faire un article aussi un jour, il faut que tout cela murisse !

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis bien d’accord avec toi, nos garçons ont également une grosse pression sur les épaules. J’ai l’impression qu’un garçon est forcément vu comme le « méchant qui ne respectera pas les filles »…. alors qu’heureusement, non ! Mais c’est à nous, mamans, de faire en sorte que… BREF…la pression retombe sur nos épaules de mères !

      Aimé par 1 personne

  4. En tant que maman d’un petit garçon, ton texte me touche aussi, et rejoint beaucoup ma façon de faire et de penser! C’est tout un programme d’ailleurs, construire un futur homme respectueux mais respecté, a l’écoute, autonome, sensible…j’y œuvre au quotidien sans vraiment le conscientiser en fait! Mais il est vrai qu’il est facile de se laisser faire par les clichés de la societes, qui ont la vie dure! (J’ai détesté me rendre compte du fonctionnement des catalogues de jouets et meme d’ailleurs des rayons entiers dans les magasins: gars / fille…). À l’heure de la pseudo égalité (ou tentative) homme/femme, on a encore beaucoup de travail à faire – ou à demander aux équipes marketing des fabriquants/vendeurs de jouets! — j’imagine mon fils plus tard sans lui coller d’étiquette (pompier, Medecin etc), qu’elles soient d’ailleurs sociales ou « genrées », ce qui m’importe sera son épanouissement et son bonheur! Quant au respect j’indique toujours à mon fils que lui seul peut toucher son zizi et personne d’autre! Je pense que le respect du corps de l’autre commence par la conscience du sien! Belle journée!

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    1. Oh oui tout un programme en effet ! Merci pour le partage de ton ressenti. J’œuvre également tout naturellement avec mes garçons, sans trop me poser de questions mais plutôt en agissant comme je le sens. Malheureusement la société a encore beaucoup d’efforts à faire. Dans notre cercle familiale il y a encore beaucoup de stéréotypes qui s’appliquent et ça me dérange énormément ! Quant au respect du corps je ne peux qu’être d’accord avec toi. Et j’ajouterai également que ses fesses aussi lui appartiennent aussi. Le respect du corps de l’enfant est un gros sujet à traiter, dans la famille mais aussi chez les professionnels de santé. Certains manquent de tact ou tout simplement de mots pour expliquer les choses à l’enfant… mais c’est un autre débat ! Merci à toi et belle journée.

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